À nouvelle rentrée, nouvelles activités !

La rentrée n’est pas seulement synonyme de retour à l’école pour votre enfant. C’est aussi le moment pour lui de reprendre une activité de loisir ou peut-être d’en commencer une nouvelle. Dans ce cas, pourquoi ne pas lui proposer la pratique des arts du cirque ? Marot, directeur artistique et pédagogique de la Cité du cirque, au Mans, et Elsa Dayrolles, coordinatrice des pratiques amateurs et de l’éducation artistique de l’École de cirque de Lyon, nous en parlent.

En piste !

À quels enfants recommandez-vous la pratique des arts du cirque ?

Marot : Le cirque s’adapte à tous, nous accueillons tous les publics.

Pour les cours hebdomadaires : les enfants de 3 à 6 ans (accompagnés d’un parent ou d’un grand-parent), les 6-10 ans, les ados, les adultes, et une nouveauté également cette année, un public senior.

Les cours parents-enfants ne sont pas proposés dans toutes les écoles de cirque en France, c’est l’une de nos spécificités. L’idée étant d’offrir un moment ludique de « circomotricité » privilégiant la relation et la complicité parent-enfant. Nous proposons également des ateliers adaptés pour les des personnes à handicap, des enfants autistes, des jeunes en insertion…

Elsa Dayrolles : Je recommande cette discipline aux enfants qui ne veulent pas d’une pratique compétitive. Il n’y aucune contre-indication, sous réserve d’un certificat médical accepté du moment que l’on obtient un certificat médical.

Comment se déroule une séance ?

Marot : Pour les enfants de 3 à 6 ans, elle dure une heure. Elle commence par des échauffements autour de jeux ludiques, de bruits d’animaux… Nous proposons ensuite un atelier de portés et d’acrobaties, puis on aborde les techniques de cirque : poutre, boule, fil, foulard. La séance se termine par un temps calme et de relaxation.

Quel matériel utilisent les enfants de 3 à 6 ans lors des ateliers d’éveil ? À quel moment se spécialisent-ils dans un agrès ?

Elsa Dayrolles : Il y a beaucoup de matériel (boules, balles, rouleau américain, trapèze, tissu, corde…) selon les disciplines enseignées (voir encadré), mais, l’essentiel, ce sont les tapis ! La chute fait partie du cirque !

Avant de se spécialiser dans un agrès, l’enfant doit acquérir des bases dans toutes les disciplines. On favorise le choix d’un agrès à l’âge de l’adolescence, quand l’enfant à déjà des acquis, mais ça peut être avant il peut se faire avant. Nous sommes attentifs à valoriser les singularités de chacun. 

Marot : C’est par la possibilité offerte à chacun de trouver à son rythme une expression artistique personnelle que se construisent les parcours d’enseignement. Elle (?) s’articule autour de trois phases :

– la phase de sensibilisation

Elle a pour but de créer un climat propice à l’action et de susciter les choix des disciplines pour la suite (découverte du site, approche sensorielle du matériel et découverte des disciplines de la piste sous forme technique et ludique).

– la phase de spécialisation

Le public Les enfants choisit les disciplines de la piste qui correspondent le mieux à leurs désirs et à leurs capacités. Ils travaillent ensuite en atelier.

– la phase de valorisation par l’échange intragroupe et la restitution de savoir-faire.

Quels sont les objectifs pédagogiques ?

Elsa Dayrolles : Pour ces tranches d’âge, les objectifs sont de découvrir l’univers du cirque et ses techniques, de favoriser l’éveil psychomoteur, de jouer avec son imaginaire afin de s’exprimer. L’imagination et l’inventivité de l’enfant sont sollicitées et nous sommes souvent surpris de leurs idées… L’activité cirque permet à l’enfant de retrouver toute sa spontanéité et sa créativité.

Nous favorisons également l’autonomie des enfants, en leur permettant d’être acteurs de leur apprentissage.

Marot : C’est vrai, les petits apprennent à devenir autonomes. Ils sont souvent poussés par l’envie de faire « tout seul »… L’enfant prend alors conscience de ses compétences et peut se sentir reconnu positivement dans celles-ci. C’est parfois l’occasion de dépasser ses peurs, et donc de prendre confiance en soi, de se découvrir de nouvelles aptitudes : combien d’enfants ne sont pas tout fiers d’être tout en haut de la boule, dépassant leur peur d’être là-haut ? Le courage et la persévérance sont au cœur de l’enseignement. Il n’y a pas de réussite sans effort. Nous enseignons aux enfants que la motivation se trouve dans la beauté du geste et l’esthétique. Elle doit être personnelle et non par rapport aux autres (?). Il faut rechercher la performance en abolissant la compétition.

Qu’apporte la pratique des arts du cirque par rapport à une autre discipline ?

Elsa Dayrolles : Sa proximité avec les champs du théâtre, de la danse, etc., permet d’ouvrir les horizons et les possibilités de découverte artistique. De même, la notion de risque, qu’il soit physique ou artistique, est un élément constitutif des arts du cirque, qui se doit d’être expérimenté, accompagné et maîtrisé. Certaines techniques enseignées, notamment l’acrobatie, favorisent le travail sur les notions de respect, d’entraide, d’écoute et de confiance dans le groupe.

Marot : Le cirque développe et favorise l’acquisition du schéma corporel, la latéralité (à travers la jonglerie notamment, l’enfant découvre son côté dominant), la structuration spatiale (l’enfant expérimente différentes situations où l’espace est un élément important : comment se placer face au matériel ? comment le manipuler ?), la structuration temporelle (par exemple, en apprenant à décomposer une succession de mouvements), le rythme et la coordination (les ateliers nécessitent une certaine habilité motrice. Il suffit de monter sur un pédalo pour s’en apercevoir !). (La phrase est un peu dure à lire avec toutes ces parenthèses)

Elsa Dayrolles : C’est une discipline complète, un point de rencontre entre la technique et l’art.

Pour trouver une école de cirque dans votre ville : www.ffec.asso.fr

Interview réalisée par Paule Battault.

Cet article fait partie du guide pour bien démarrer avec les activités parascolaires

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