Quelles activités extrascolaires pour les 3 à 6 ans ?

Durant ses années de maternelle, votre enfant va découvrir de nouvelles activités physiques centrées sur la motricité, l’équilibre, la notion de groupe, mais aussi l’observation, la description et le ressenti. Ces nouveaux apprentissages peuvent être accompagnés par la pratique d’une activité extrascolaire. Comment savoir si votre enfant en a besoin ? Et quelles activités choisir ? Vers quoi l’emmener sans lui mettre la pression ? Toupie vous donne des pistes de réflexion…

Baby Gym, éveil sportif, danse, judo, tennis… à partir de la maternelle, de nombreux clubs proposent des inscriptions pour les plus petits. Cette année, pensez à vous renseigner. Avec les difficultés causées par la crise sanitaire, toutes les structures ne seront peut-être pas disponibles ou ouvertes en septembre.

Stéphanie Nguyen, pédiatre et médecin du sport à l’INSEP*, a répondu aux questions que vous vous posez peut-être sur le choix d’une activité pour votre enfant entre 3 et 6 ans.

• Tous les enfants ont-ils besoin d’activités sportives ?

Stéphanie Nguyen : Oui, mais cela ne passe pas obligatoirement par un club. Si les parents parviennent à organiser des activités physiques dans le quotidien de l’enfant, c’est presque mieux ! L’idée, à cet âge, c’est de donner le goût du mouvement. Cela doit faire partie de son éducation. Ça passe par des déplacements à pied, en vélo, en trottinette, faire du trampoline ou aller se balader dans les bois !

Il faut garder à l’esprit que les enfants vont beaucoup imiter leurs parents. Un enfant sédentaire deviendra un adulte sédentaire, et ainsi de suite. L’important, c’est que l’activité physique soit régulière. Et il ne faut surtout pas culpabiliser les parents qui n’ont pas les moyens de payer des inscriptions ou qui ne peuvent pas s’organiser pour emmener leurs enfants à des activités.

activité sportives 3 - 6 ans judo

• 3-6 ans : ce n’est pas un peu jeune pour commencer une activité ?

S. N. : De nombreuses fédérations sportives proposent effectivement des activités et des licences de plus en plus tôt, dès 4 ans. Cela part aussi du principe qu’un enfant qui s’inscrit tôt poursuivra plus facilement cette activité plus tard. L’important est d’entretenir le goût naturel des enfants à courir, sauter, etc. Les clubs pourront ensuite prendre le relais pour le développement physique général, comme la connaissance de son corps, l’équilibre, la coordination, la souplesse naturelle, et plus tard l’endurance, le renforcement musculaire à travers le jeu. Par exemple, au Baby Judo, les enfants ont un kimono et évoluent sur un tatami. Mais ils apprennent simplement à tomber, à ne pas avoir peur de la chute, à travers le jeu. En clair, ils développent leurs compétences gymniques. Mais la maturité neurologique pour développer un bon équilibre, par exemple, arrivera plus tard, entre 7 et 10 ans.

• Quelles activités pour quel âge ?

S. N. : Il faut surtout que l’activité plaise à l’enfant. L’encourager, sans jamais forcer. Entre 4 et 6 ans, ils peut faire du tennis ou du judo, par exemple. Souvent, je conseille de faire de la gymnastique, car c’est un sport qui va développer de nombreuses facultés, comme la force musculaire, la souplesse et la coordination. C’est, me semble-t-il, le plus adapté entre 3 et 6 ans. Les pratiques du type multisport ou découverte de plusieurs sports sont aussi très intéressantes et proposées dans de nombreuses associations. L’idéal serait que la spécialisation dans un sport n’arrive pas avant 7 ans, au moment de la maturité neurologique pour certaines compétences. Avant 7 ans, ce n’est pas grave si un enfant demande à changer d’activité chaque année. Au contraire !

Est-ce qu’aller à la piscine est réellement bénéfique ?

S. N. : Totalement. Dès le plus jeune âge, on doit encourager les enfants à nager, à évoluer dans l’eau. Trop d’accidents surviennent encore. Aujourd’hui, les piscines proposent souvent des stages courts. Aller régulièrement à la piscine avec son enfant l’emmène progressivement vers l’apprentissage de la nage.


Lire aussi : Comme un poisson dans l’eau ? L’aisance aquatique pour les 3- 6 ans…


activité sportives 3 - 6 ans natation

Y a-t-il des activités sportives à éviter ?

S. N. : Avant 6 ans, ce qui est à éviter n’est pas proposé par les fédérations ou les clubs. Physiquement, ce qui est à éviter, ce sont des contraintes répétées sur le rachis, la colonne vertébrale, ou encore le port de charges lourdes et la répétition de flexions-extensions.

Comment les professionnels s’emparent-ils de la pédagogie du sport pour des petits ?

S. N. : On me pose souvent la question. Par exemple : « Faut-il un échauffement pour les enfants ? » Physiologiquement, un enfant n’a pas besoin d’un échauffement. Par contre, il est important de faire un temps « d’accueil », de « concentration ». C’est important aussi de prendre cette habitude tôt. Entre 3 et 6 ans, on sait aussi qu’on doit proposer des activités dynamiques, varier les ateliers, car la capacité de concentration des enfants est assez courte. Il faut que ce soit très ludique, et que la notion de plaisir soit primordiale. Tout ce qui est compétition arrivera plus tard. Il faut garder à l’esprit que de nombreuses notions d’éducation générale passent par le sport, comme l’entraide, l’esprit d’équipe, la patience, etc. Et, à cet âge-là, l’appétence pour une activité dépendra beaucoup du profil de l’éducateur


BON À SAVOIR : certificat médical ou pas ?

À la rentrée, il faudra toujours présenter un certificat médical pour inscrire son enfant à une activité sportive. Ce certificat est cependant valable trois ans. La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, souhaite depuis longtemps supprimer cette obligation jugée comme « une dépense pour les familles, un frein à l’activité sportive ». Le Conseil constitutionnel a cependant retoqué la mesure lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2020.


* INSEP – Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance.

Publié le

Les 5 bonnes raisons de s’abonner à Toupie

Accompagner
votre enfant dans
ses apprentissages
en maternelle
Partager de grands moments
de complicité
Retrouver chaque mois
des héros qui rassurent,
amusent et encouragent
Voir votre enfant
progresser avec les autocollants
L’entendre enfin parler
de ce qu’il a fait
en maternelle