Rentrée des classes : ces questions que vous vous posez sûrement…

Dans quelques jours, c’est l’entrée en école maternelle pour votre enfant. Si la situation sanitaire ne facilite pas les échanges, vous vous posez sûrement beaucoup de questions sur le fonctionnement de l’école. Marianne Touchet, enseignante en maternelle à Toulouse, y répond.

Mon enfant ne prononce pas encore bien son prénom. Comment la maîtresse va-t-elle le reconnaître ?

Marianne Touchet : Rassurez-vous, les enseignants ont l’habitude de mémoriser rapidement les prénoms. On peut avoir du mal à en retenir quelques-uns, au début. Parfois, nous utilisons un système d’étiquettes avec le prénom de chacun scotché devant ou dans le dos de l’enfant, les premiers jours. Quant à leur prononciation, elle s’améliorera au cours de l’année, par nécessité. Les enfants se rendent vite compte que, quand ils s’adressent à moi, je devine moins bien que quand ils s’adressent à leurs parents. Ce qui est difficile avec les élèves de petite section, c’est qu’ils ne répondent pas à une directive collective. Ils vont exécuter une consigne quand on s’adresse à eux personnellement. Pour cela, on peut faire un geste, poser une main sur l’épaule ou dans le dos. C’est important d’utiliser les prénoms, car cela montre une intention plus personnelle et aide à créer un lien.

Mon enfant ne parle pas français. Comment ça va se passer ?

M. T. : Tout se passera bien, car c’est l’objectif premier de l’enseignant. Les parents doivent expliquer à leur enfant qu’il ne comprendra pas tout quand l’enseignant s’adressera à lui. Mais il saisira l’intention. En maternelle, beaucoup de paroles échangées sont liées à des situations précises. Par exemple, si on voit un enfant qui se tortille ou porte la main à son sexe, on va lui demander : « Tu as envie de faire pipi ? » Et, petit à petit, il va acquérir ce vocabulaire.


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Mon enfant n’est pas encore propre ou autonome aux toilettes…

M. T. : Auparavant, on ne prenait pas du tout les enfants portant encore des couches. Mais il y a des évolutions. On considère néanmoins que les temps durant lesquels les enfants sont éveillés à l’école — le matin et la fin d’après-midi — doivent se faire sans couche. Dans la classe, une Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles) vient en aide aux enfants et leur apprend les gestes aux toilettes. Mais il y a une seule Atsem pour plus d’une vingtaine d’enfants… Pour nous aider, les parents peuvent penser, par exemple, à habiller leurs petits avec des pantalons à pression ou à élastique, plutôt qu’avec un bouton classique, des chaussures à scratch plutôt qu’à lacets, etc.

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À la maison, mon enfant a besoin d’un rituel précis pour la sieste. Comment va-t-il s’endormir à l’école ?

M. T. : À l’école, nous devons composer avec la contrainte du nombre d’élèves. Or, votre enfant est capable d’adaptation. Le fait que ce ne soit pas comme d’habitude, comme à la maison, sera une difficulté. Mais il a tout ce qu’il faut pour y arriver. De manière générale, quand on est parents, on met en place des rituels qui fonctionnent bien. Mais on peut aussi changer un peu… Ce qui ne veut pas dire de tout changer avant de commencer l’école. Mais, à force de proposer toujours la même chose à un enfant, il peut s’imaginer que, si c’est légèrement différent, il va mal le vivre. Alors qu’il peut s’adapter. Il ne s’agit pas de le déstabiliser, mais de l’habituer à de petites variations, pour qu’il expérimente le changement, pour qu’il puisse se dire : « Ça va être différent, et ça ne va pas être grave du tout… » Et cela peut se faire dans tous les domaines : la sieste, l’habillement, le passage aux toilettes, etc.

Au goûter, mon enfant boit encore un biberon de lait. Pourra-t-il le prendre à l’école ?

M. T. : Non, il n’aura pas de biberon. Cela fait aussi partie de l’adaptation des enfants à l’école. Et ils parviennent à surmonter cela. Voyez-le comme une bonne chose pour eux. L’une des interrogations des parents au sujet de la cantine peut également être : va-t-on forcer mon enfant à manger ? Non, on ne force pas, l’enfant mange ce qu’il veut. Par contre, on fait toujours goûter.

Comment savoir si mon enfant a mangé suffisamment à la cantine ?

Rentrée des classes vos questions Toupie magazineM. T. : Avec l’entrée à l’école, ce qui change pour les parents, c’est qu’ils n’ont plus de contact direct avec la personne qui s’est occupée de leur enfant, notamment à l’heure du déjeuner. Si cela se passe vraiment mal, l’enseignant sera averti et vous en fera part directement. Souvent, les parents savent déjà que la prise de repas est délicate. La plupart du temps, il n’y a pas de révolution à l’école. Cela ne veut pas dire que les choses ne vont pas changer, mais cela prend du temps. Pour rappel, un menu est toujours affiché devant les écoles. Il est parfois envoyé par mail aux parents.

Que faire si la séparation avec mon enfant est difficile ?

M. T. : Cela se passe généralement bien quand les parents disent au revoir à leur enfant, en expliquant « je reviens tout à l’heure, c’est sûr », en les embrassant, le tout sans faire durer ce moment. La plupart du temps, les enfants pleurent. Pour certains, c’est simplement par mimétisme ! Mais ce n’est pas parce que vingt enfants pleurent qu’il se passe quelque chose de dramatique.

Souvent, après le départ des parents, je chante avec les enfants. Et, au bout de deux minutes parfois, les pleurs cessent ! C’est toujours bien, si on le peut, d’habituer son enfant à se séparer des parents un peu avant la rentrée. Ainsi, l’enfant expérimente et comprend que cela s’est bien passé, que les parents reviennent. Et même si ces pleurs à la séparation durent longtemps dans l’année, ce n’est pas grave ! La signification de ces pleurs est : « Papa, Maman, je vous aime, j’aimerais rester avec vous. » Et vous allez l’aider en vous séparant rapidement de lui pour qu’il puisse aller en classe. Votre enfant n’est pas vous-même et vous n’êtes pas votre enfant. Vos années d’école, positives ou négatives, n’indiquent en rien les années à venir de votre enfant !

Mon enfant est handicapé. Comment sera-t-il accueilli ?

M. T. : Si votre enfant est déjà inscrit auprès d’une maison départementale des personnes handicapées (MDPH), vous avez la possibilité de faire une demande d’AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap). Les directeurs et directrices d’école sont là pour vous aider dans ces démarches, qui sont longues.

Mon enfant est plutôt solitaire… Sera-t-il accompagné pour s’intégrer ?

M. T. : Il faut savoir que l’âge « des copains » est plutôt 4 ans que 3. Donc, à l’entrée en maternelle, c’est un comportement plutôt classique. Il ne faut pas s’attendre, par exemple, à ce que votre enfant vous parle des copains-copines en petite section. Pour que la vie en classe se passe bien, il faut faire une activité ensemble. C’est pourquoi nous proposons des jeux en groupe : ils jouent, ils s’amusent, ils gagnent ensemble. C’est le début de la socialisation.

Mon enfant ne raconte rien de l’école…

M. T. : Il faut relativiser. Ce n’est pas parce que l’enfant ne dit rien que cela se passe mal. C’est une différence avec la petite enfance. L’enfant va avoir un espace, l’école, que le parent ne va plus totalement connaître. Vous ne saurez pas tout ce qui se passe, mais ce n’est pas grave parce qu’il ne se passe rien de très extraordinaire !


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Je travaille et mon enfant va rester au CLAÉ. Je ne verrai donc pas l’enseignant en fin de journée pour savoir comment ça s’est passé…

M. T. : De plus en plus, les enseignants font des photos de différents moments en classe pour le cahier d’échanges, par exemple. Et il est toujours possible de prendre rendez-vous avec nous. Et De toute façon, si cela se passe mal, vous serez prévenus. Donc si vous n’avez pas de nouvelles, c’est que tout se passe bien !

Avec la crise sanitaire, comment se déroulera le jour de la rentrée en maternelle ?

M. T. : Tout dépend de la situation début septembre. Il faudra attendre les directives quelques jours auparavant, par exemple pour savoir si les parents des petits pourront entrer au sein de l’école. En septembre dernier, la rentrée s’est passée à peu près normalement… Souvent, les écoles proposent aux parents d’élèves de petite section une petite période d’adaptation. Les élèves ont ainsi la possibilité de venir une demi-matinée avec l’un de leurs parents. Puis, le lendemain, ils passent une matinée sans les parents, etc.

Qu’est-ce qui change avec le Covid ?

M. T. : Ce qui est compliqué à mettre en place avec les élèves de petite section, c’est la consigne du lavage de mains en arrivant. Il nous est demandé de créer le moins de rencontres possible entre les classes. Mais, à cet âge-là, ils ne sont pas encore autonomes face à un lavabo. Inévitablement, un « bouchon » se crée aux sanitaires ! C’est ce type d’organisation qui est difficile de prévoir.


Propos recueillis par Isabelle Pouyllau.

Photos : Adobe Stock.

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